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  LE POINT SUR …
 
LA DIRECTIVE EUROPEENNE SUR LES "EMBALLAGES ET DECHETS D’EMBALLAGES"
   
   
   
   
SON OBJECTIF GENERAL
  La Directive 94/62/CE - Emballages et déchets d’emballages - du 20 décembre 1994 ( transcrite en droit français par les Décrets n° 94-609 et n° 98-638) a pour objet d’harmoniser les mesures des différents pays concernant la gestion des emballages et déchets d’emballages afin de prévenir et de réduire leur incidence sur l’environnement mais aussi de garantir le fonctionnement du marché intérieur.

Elle s’inscrit avec de nombreuses autres directives européennes, dans le cadre de la politique communautaire relative à la gestion des déchets qui repose sur trois stratégies complémentaires :
» prévenir la création de déchets en améliorant la conception des produits;
» développer le recyclage et la réutilisation des déchets;
» réduire la pollution causée par l’incinération des déchets.
   
   
QUELS SONT LES PRODUITS CONCERNES ?
  La Directive « s’applique à tous les emballages mis sur le marché dans la Communauté et à tous les déchets d’emballages, qu’ils soient utilisés ou mis au rebut par les industries, les commerces, les bureaux, les ateliers, les services, les ménages, et à tout autre niveau, quels que soient les matériaux dont ils sont constitués » (Article 2).

La directive vise les Etats qui seront chargés de la gestion des déchets d’emballage des particuliers, au même titre que les entreprises utilisant des emballages et les producteurs d’emballages eux-mêmes.

L’emballage étant défini comme (Article 3 §1) « Tout produit constitué de matériaux de toute nature, destinés à contenir ou à protéger des marchandises données, allant des matières premières aux produits finis, à permettre leur manutention et leur acheminement du producteur au consommateur et à assurer leur présentation. Tous les articles « à jeter » utilisés aux mêmes fins doivent être considérés comme des emballages ».

Cette définition très large est complétée par l’établissement de catégories d’emballages en fonction de leur utilisation (emballage de vente ou « primaire », groupé ou « secondaire », de transport ou « tertiaire »).
   
   
OBJECTIFS SPECIFIQUES
 

> Prévention par objectifs quantitatifs (article 6) :
Au 30 juin 2001, les Etats membres de l’Union européenne devront avoir atteint un taux de valorisation des déchets d’emballage allant de 50% à 65% de leur poids.
Dans ce cadre et dans le même délai, entre 25% et 45% en poids de l’ensemble des matériaux d’emballages seront recyclés, avec un minimum de 15% en poids pour chaque matériau entrant dans la constitution de l’emballage.

> Réutilisation, valorisation et recyclage des emballages (article 7) :
Les Etats doivent mettre en place des systèmes de reprise d’emballages utilisés et de déchets d’emballages, et prévoir des procédures de réutilisation et de valorisation. Ils doivent également élaborer des plans de gestion des déchets, ainsi que des politiques publiques d’information et d’éducation des consommateurs. Ils doivent enfin envisager la création de banques de données sur les emballages et déchets d’emballages, afin de surveiller la mise en oeuvre de cette directive.

   
   
PRINCIPALES EXIGENCES DE LA DIRECTIVE
  » Exigences portant sur la fabrication et la composition de l’emballage : poids et volume limités au minimum nécessaire.

» Exigences portant sur le caractère réutilisable de l’emballage : emballage pouvant supporter plusieurs trajets ou rotations dans les conditions d’utilisation normalement prévisibles.

» Exigences portant sur le caractère valorisable de l’emballage : par recyclage de matériaux, par valorisation énergétique, par compostage, biodégradabilité.

» Encadrement de l’utilisation des matériaux lourds : la présence de métaux lourds dans les emballages (plomb, cadmium et mercure) devra progressivement être réduite (600 ppm en poids au 30.06.98; 250 ppm en poids au 30.06.99; 100 ppm en poids au 30.06.2001).

» Système de marquage : 2 flèches horizontales en sens opposé pour indiquer un emballage réutilisable et une flèche circulaire pour un emballage recyclable + une numérotation de 1 à 79 pour identifier les différents matériaux utilisés (abréviation des matériaux aussi possible). La participation à ce système devrait être volontaire dans un premier temps mais les fabricants n’auront pas d’autre choix que ces deux premiers symboles.
   
   
VOUS ÊTES CONCERNÉS ?
 

La gestion et le traitement des déchets d’emballages des entreprises sont principalement régis par deux textes français le Décret 94-609 du 13.07.94 (et sa circulaire interprétative du 13.04.95) et le Décret 98-638 du 20.07.98. Ils « transposent » la directive européenne quant à ses exigences essentielles et donnent des informations concrètes pour appliquer cette législation. On peut tirer de ces décrets une démarche à suivre pour les fabricants ou les entreprises utilisatrices d’emballages.

1/ Dispositions concernant les fabricants d’emballages
Le décret 98-638 reprend les exigences de la Directive quant à la fabrication et à la composition des emballages :
- le volume et la masse des emballages doivent être limités au minimum nécessaire;
- l’emballage doit être conçu et fabriqué de manière à permettre sa réutilisation ou sa valorisation;
- le fabricant doit veiller à réduire au maximum la teneur de ces emballages en substances et matières nuisibles, ainsi que la concentration en métaux lourds.

Sont réputés conformes à ces dispositions les emballages répondant aux normes européennes harmonisées et aux normes nationales reconnues par la Commission européenne (normes disponibles à l’ARIST LR - Tél: 04.67.13.68..00).

En vue d’un contrôle par les autorités compétentes, le fabricant ou son mandataire ou les personnes responsables de la mise sur le marché de l’emballage, doivent constituer un dossier contenant :
- Une déclaration écrite attestant de la conformité de l’emballage aux exigences essentielles des textes,
- Une documentation technique relative à la conception et à la fabrication de l’emballage contenant les éléments suivants :
• une description générale de l’emballage et de sa composition,
• les dessins de conception et de fabrication,
• la liste des normes appliquées entièrement ou en partie,
• lorsque les normes n’ont pas été appliquées ou en l’absence de normes, une description des solutions adoptées pour satisfaire aux exigences légales,
• les résultats des mesures effectuées afin de vérifier le niveau de concentration des métaux lourds.

2/ Dispositions concernant les détenteurs de déchets d’emballages
Pour les entreprises utilisatrices de déchets d’emballages, le décret 94-609 et sa circulaire interprétative mettent en place la démarche à suivre.
Le décret distingue les entreprises selon le volume de déchets qu’elles produisent.
» les entreprises qui produisent un volume de déchets hebdomadaire inférieur à 1100 litres et qui peuvent donc faire reprendre leurs déchets par le service de collecte communal, n’ont aucune obligation de valorisation de leurs déchets.

» les entreprises qui produisent un volume de déchets hebdomadaire de plus de 1100 litres, ont le choix entre trois solutions pour la valorisation de ces déchets :

1) Faire traiter leurs déchets par un organisme agréé.
Dans ce cas, il est impératif qu’un contrat écrit soit conclu avec cet organisme. Ce contrat doit préciser le type de valorisation auquel les déchets sont destinés. Si l’organisme n’assure que partiellement la valorisation, le contrat doit aussi mentionner les destinataires potentiels. A chaque cession de déchets, l’organisme doit remettre à l’entreprise un bon d’enlèvement attestant de la date d’enlèvement ainsi que du volume des déchets enlevés (liste indicative d’organismes agréés disponible à l’EIC LR).

2) Céder les déchets à un transporteur, un négociant ou un courtier qui se chargera de leur valorisation.
Cet acte doit également être assorti d’un contrat et de bons d’enlèvement, dans les mêmes conditions que pour la cession à un organisme agréé.

3) Valoriser les déchets au sein de l’entreprise.

Dans ce cas, l’entreprise doit disposer d’une installation agréée permettant la valorisation des déchets. L’agrément s’obtient auprès des autorités préfectorales
(nb: Sont exclus des dispositions du décret, les déchets suivants : emballages pollués par les produits dangereux qu’ils contiennent; chutes de fabrication des emballages neufs; papiers autres que les papiers d’emballage jetés par les entreprises ex: papiers de bureaux, chutes d’imprimerie..; emballages navettes ou consignés tant qu’ils sont repris par le propriétaire ou utilisés pour un usage identique à celui pour lequel ils ont été conçus; emballages de produits pyrotechniques).

3/ Le contrôle a posteriori de la valorisation des déchets
L’article 9 du décret 94-609 impose à tous les détenteurs successifs de déchets d’emballages de tenir à la disposition des agents de l’Etat « toutes les informations sur l’élimination des déchets d’emballage qu’ils produisent et détiennent ».

Concrètement ces informations figurent dans le registre des transactions et opérations effectuées. Ce registre précise notamment la nature et les quantités de déchets cédés à des tiers (organismes agréés, transporteurs, etc.). Il pourra dans la pratique, être constitué par les documents contractuels que sont le contrat de cession et les bons d’enlèvement. Le degré de précision requis pour ces informations devra être adapté au contexte. Le contrôle pourra être effectué au cours des vérifications relatives aux installations classées pour les entreprises industrielles ou à la répression des fraudes et au contrôle sanitaire pour les entreprises de distribution.

   
   
QUAND ?
  Tous les produits doivent obligatoirement être conformes à la directive au plus tard le 31 décembre 1999.
   
   
POUR EN SAVOIR PLUS
  » Directive 94/62/CE du Parlement européen et du Conseil du 20.12.94 relative aux emballages et déchets d’emballages, publiée au Journal Officiel des Communautés Européennes (J.O.C.E.) L n° 365 du 31.12..94 p.10.

»  Proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative au marquage des emballages et à l’établissement d’une procédure d’évaluation de la conformité des emballages, publiée au J.O.C.E. C n° 382 du 18.12..96 p.10.

»  Décret 94-609 du 13.07.94, publié au Journal Officiel de la République Française (J.O.R.F.) du 21.07.94 et circulaire interprétative du 13.04.95.

»  Décret 98-638 du 20.07.98, publié au J.O.R.F. du 25.07.98.
Un dossier contenant ces textes ainsi qu’une liste d’organismes spécialisés, réalisé par l’E.I.C. de Strasbourg est disponible à l’E.I.C LR au prix de 45 euros
 


POUR UN SUIVI DE CETTE DIRECTIVE :

» http://www.industrie.gouv.fr/eic/dossier/index.htm
» http://www.europa.eu.int/scadplus/leg/fr/lvb/l21207.htm

   
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