La
Cour de Justice des Communautés européennes (CJCE)
a été créée par le Traité de
Paris en 1952.
Elle a pour mission d'assurer le respect du droit dans l'interprétation
et l'application des traités constitutifs des Communautés
européennes ainsi que des dispositions arrêtées
par les institutions communautaires compétentes. Pour mener
à bien cette tâche, la Cour a été dotée,
entre autres, de larges compétences juridictionnelles,
qu'elle exerce dans le cadre des diverses catégories de
recours ou de la procédure du renvoi préjudiciel.
La Cour de justice est composée
de quinze juges (un par Etat membre) et de huit avocats généraux,
tous désignés d'un commun accord par les
gouvernements des États membres pour un mandat de six ans
renouvelable. Ils sont choisis parmi des juristes offrant toutes
les garanties d'indépendance et qui réunissent les
conditions requises pour l'exercice, dans leurs pays respectifs,
des plus hautes fonctions juridictionnelles. Les juges de la Cour
désignent ensuite le président de la Cour pour trois
ans renouvelables. Le président dirige les travaux et services
de la Cour et préside les audiences et les délibérations.
Les avocats généraux assistent la Cour et l'aident
à accomplir sa mission. Ils sont chargés de présenter
des conclusions sur les affaires soumises à la Cour. Leur
fonction ne doit pas être confondue avec celle d'un procureur
ou d'une autre instance équivalente, dont le rôle
est assumé par la Commission, en sa qualité de gardienne
de l'intérêt communautaire.
La Cour rend des arrêts sur
des renvois préjudiciels (éviter que les juridictions
nationales donnent une interprétation différente
du droit communautaire), des recours en manquement (si un Etat
ne s’acquitte pas des obligations que lui impose le droit
communautaire), des recours en annulation (si un Etat, le Conseil,
la Commission ou dans certains cas le Parlement pense qu’un
acte législatif est illégal) et des recours en carence
(si le Parlement, le Conseil ou la Commission ne prennent pas
une décision q’ils auraient dû prendre).
La CJCE siège en séance
plénière ou en chambre de trois ou de cinq juges.
Elle doit siéger, en formation plénière
lorsqu’un Etat membre ou une institution de la Communauté,
participant à l’affaire, le demande. Après
la clôture de la procédure écrite, l’affaire
est plaidée en audience publique. Puis, l’avocat
général présente ses conclusions et propose
une décision à la Cour. Les juges délibèrent
en chambre du conseil avant de rendre leur arrêt en audience
publique. Une fois l’arrêt rendu, ses dispositions
s’appliquent aux parties concernées en vertu de la
primauté du droit communautaire sur le droit national dans
les domaines de compétence des Traités. De 1952
à 1999, la CJCE a traité près de 11.000 affaires
et a rendu près de 5.000 arrêts.
Depuis 1989, un Tribunal de Première
Instance (TPI) a été adjoint à la Cour. Le
TPI est compétent pour traiter les recours introduits par
des particuliers et des entreprises contre des décisions
des institutions communautaires. Il est constitué par quinze
juges (un par Etat membre). Le TPI siège en chambre composée
de trois ou de cinq juges et, pour certaines affaires importantes,
peut siéger en formation plénière. Le 1989
à 1999, le TPI a traité 3.200 affaires et a prononcé
800 arrêts. |